18
avril
2010

Corumbá, le farewest Brésilien

Au départ de Bonito je reprends la route en direction de Corumbá, dernière ville Brésilienne avant d'arriver en Bolivie. Les premiers 75 km étaient de la piste avec sable, graviers, cailloux, etc, ce qui m'a valu, avec des pneus qui avaient déjà bien vécu, une première crevaison que j'ai constaté au réveil du matin suivant.

La chaleur étouffante qu'il fait dans la région, régulièrement plus de 35"C et les longues distances, parfois plus de 100 km, qu'il m'a fallu parcourir pour acheter de l'eau ou de la nourriture n'ont pas facilité ce trajet de 360 km.

Les paysages aux abords de la route sont magnifiques, bien qu'il n'y ait que des marécages des deux côtés de la route, ce qui rend les bivouacs vraiment difficiles, c'est sur cette partie que j'ai rencontré une quantité d'animaux sauvages comme des crocodiles, perroquets, toucans et d'autres énormes oiseaux.
Dans cette magnifique nature sauvage vivent aussi quantité de moustiques. Toutes les fenêtres et parties ouvertes des maisons sont recouvertes de moustiquaires, en se croirait en pleine Amazonie.

Arrivé à Corumbá, je voulais faire un tour en bateau sur le Pantanal, où est regroupé 20% de la biodiversité mondiale.
On peut entre autre y rencontrer des jaguars, anacondas, piranhas, etc.
A ma grande surprise il est très difficile de trouver une agence qui organise des tours. Bien que ce soit la haute saison pour la pêche, car nous sommes dans la période où le Pantanal est le plus inondé, j'ai eu beaucoup de mal à trouver un bateau.
Un pêcheur qui s'occupe d'une petite agence m'a bien proposé de partir le temps que je voulais mais pour des prix de fou!

J'ai ensuite rencontré une femme au port qui m'a proposé de partir une journée avec son mari et des amis pêcheurs, le tout gratuitement, je devais uniquement payer l'essence (env. 50.- CHF). J'ai passé une journée à Corumbá avec eux, ils m'ont invité à manger dans leur maison. Mais le matin où nous devions partir, impossible des les joindre par téléphone et depuis plus de nouvelles...
Au final la seule balade que j'ai trouvé est un tour de 4h spécialement fait pour les touristes...

En faisant ma recherche d'agences touristiques le premier jour, je suis tombé sur l'une dans laquelle j'ai discuté pas mal de temps avec les personnes qui y travaillaient (je n'arrivais plus à en sortir) mais très sympa elles ont essayé de me trouver, en vain, des activités à faire dans la région. Pour finir j'ai pu visiter gratuitement (grâce à leur aide) le centre "Estaçâo Natureza Pantanal" une sorte de musée sur le Pantanal (www.fundacaoboticario.com.br).
J'ai également fait la visite du musée "Muhpan" sur l'histoire du Pantanal, musée très intéressant et bien fait (www.muhpan.org.br)

Malgré le manque d'infrastructure touristique et la taille de la ville qui n'est pas très grande, je suis contraint de prolonger de quelques jours mon séjour dans la ville car je suis dans l'attente d'un colis "ravitaillement" de Suisse avec divers choses que l'on ne trouve pas par ici, et la météo en Europe (volcan) n'accélère pas les envois par air.
Je vais donc profiter de cette attente pour expérimenter "le train de la mort" qui relie la frontière Brésil/Bolivie à Santa Cruz, à suivre...

09
avril
2010

Bonito

Je suis arrivé à Bonito après trois longues journées à plus de 100 km chacune depuis Dourados. J'ai passé l'après-midi de mon arrivée à me renseigner sur les sites et visites à faire dans la région, car à Bonito impossible de partir seul et de faire une visite, il est obligatoire d'être accompagné d'un guide. Il faut donc nécessairement passer par une agence, l'avantage c'est qu'il y en a presque tous les 10 mètres et que les prix des visites sont tous identiques. Le plus dur a été de trouver une agence qui organise les visites ainsi que les transports, car les sites se trouvent tous entre 20 et 50 km du centre avec des routes non goudronées où l'on slalome entre les vaches, cheveaux et autres animaux...

La rue centrale est un vrai centre touristique avec des restaurants, boutiques avec t-shirts et autres biblos pour touristes, le tout avec de grandes enseignes colorées etc, mais il suffit d'aller sur la rue parallèle pour se retrouver sur une route non goudronée avec de petites maisons où cohabitent les familles nombreuses avec les cheveaux, vaches, poules, chiens, etc.

Dès mon arrivée à l'entrée de Bonito j'ai rencontré un Brésilien de Rio en vacances et qui se rendait jusqu'à La Paz en Bolivie et passait quelques jours dans la région de Bonito. Je l'ai ensuite recroisé à deux reprises dans le centre, nous avons fini par manger un morceau ensemble mon premier soir avant qu'il ne reparte le lendemain  matin en bus pour Corumba.

J'ai pour ma part passé 3 jours dans la région où j'ai visité le "Parque das cochoeiras" (le parc des chutes d'eau), avec des petites cascades qui forment des piscines naturelles où l'on peut facilement se baigner, se rendre dans des petites grottes derrière les cascades, etc. Une balade d'une journée très agréable.
Le lendemain j'ai visité la région du "Rio Prata" où j'ai pu après un parcours d'une 1h dans la forêt me laisser porter durant 2 heures par le courant du fleuve et admirer en snorkeling les poissons du fleuve. L'eau est tellement claire que l'on voit à des dizaines de mètres, le tout entouré de forêt dans un calme absolu où l'on entend simplement le fleuve, les oiseaux et où l'on peut voir une quantité d'animaux sauvages en pleine liberté.
Pour finir j'ai passé ma dernière journée à visiter la "Gruta do lago azul" (la grotte au lagon bleu). J'ai fais le trajet aller en MotoTaxi, mais plus jamais. A 60km sur une piste de terre avec des sauts etc. J'ai bien cru que je n'arriverais pas entier. Pour le retour j'ai trouvé un touriste Brésilien en vacances qui a bien voulu me ramener au centre avec sa voiture, nettement plus sûr.
Comme son nom l'indique, il s'agit d'une enorme grotte découverte en 1924 avec dans son fond un lagon, son eau est cristalline mais avec les reflets de la lumière extérieure l'eau paraît d'un bleu étincellant. C'est également ici que j'ai rencontré Karo, Lolo et leurs deux enfants Enzo et Rubén, une famille qui fait un voyage d'une année entre l'Afrique et l'Amérique du Sud en 4x4.
Voici leur site internet www.lipocamp.fr

En resumé Bonito est une région bien moins connue que certaines grandes régions touristiques, peut-être car un peu perdue au fin fond du Brésil, mais mérite vraiment le détour car le nombre de parcours et activités à faire est vraiment impressionant. L'un des prospectus proposait plus de 30 activités différentes.
Evidemment qu'en trois jours je n'ai pas tout vu, mais comme nous sommes en basse saison les activités avec transports sont réduites et j'ai essayé de varier les visites afin d'avoir une vue plus ou moins globale de la région. J'en garderai un bon souvenir même si j'ai trouvé les tarfis en géneral (restaurants, visites, etc) excessivement chers pour la région.

03
avril
2010

3 jours au Paraguay puis de retour au Brésil

Au départ de Foz Do Iguaçu, j'ai un tout petit peu changé mon itinéraire car j'ai fait environ 250 km au Paraguay pour ensuite rejoindre à nouveau le Brésil en direction de Campo Grande.

Les 3 jours au Paraguay ont été très différents de ceux passés au Brésil, la route était pleine de poussière et de sable, après une journée j'étais noir. Côté humain, j'ai tout les jours rencontré de nouvelles personnes avec qui j'ai pu discuter quelques minutes. Le gérant d'une station service m'a même offert 2 litres d'eau, nous nous sommes échangés nos adresses mail. A Puente Kyha, un petit village plus loin j'ai été abordé par un motard qui me posait des questions sur mon voyage etc. il travaillait pour la radio locale et après quelques minutes il me tend une oreillette avec laquelle j'entends son collègue de la régie et la je passe une sorte d'interview improvisée...

Arrivé à la frontière ça a été un peu plus folklorique. Dix kilomètres après le dernier village j'arrive à la frontière et le douanier me dit que ici ils ne peuvent pas faire de tampon de sortie du pays pour les passeports et que je dois retourner en arrière dans la dernière ville et trouver le bureau d'immigration. Pas le choix, je fait donc demi tour et trouvé ce maudit bureau, je fais faire le tampon de sortie mais pour rejoindre le Brésil et faire le tampon d'entrée, je dois prendre une petite barque pour traverser le fleuve (avec voitures, camions, bus, etc.) mais elle n'arrive pas avant 1h30, il faut donc attendre.
Je discute un petit peu avec les personnes du petit restaurant qui attendent eux aussi la barque pour passer au Brésil. L'un d'eux voulait me vendre du parfum, en vain et pour finir avant de partir il m'a offert un pendentif Paraguayain. Un autre jeune avec qui j'ai discuté, travaillait sur la barque et m'a fait embarquer gratuitement (au lieu de payer 2 Rais = 1.5 CHF)

Une fois arrivé de l'autre côté, la Police Fédéral, qui ressemble à des militaires en mission nous attend de pied ferme pour contrôler l'importation de marchandise etc.
Je tombe sur une femme, pour essayer de vous la décrire c'est lunettes noir, queue de cheval, manches retroussées, etc. vous voyez un peu le genre. Elle me demande ce que j'ai dans les sacoches et de les ouvrir (le tout en portugais...) Après quelques négociations et en lui expliquant mon voyage elle me laisse passer.
Arrivé à la frontière c'est la même aventure que du côté Paraguayain, je dois aller au centre ville pour trouver le bureau d'immigration et faire l'entrée dans le pays, le tout avant qu'il ne ferme pour la journée. Je ne vous raconte pas le temps perdu et le nombre de kilomètres de détours mais cette fois j'ai tout en règle et je peux continuer ma route en direction de la Bolivie.

Les 3 jours suivants passés au Brésil n'ont pas été des plus faciles, les montées sont plus courtes mais nettement plus raides, avec du vent, évidement jamais en ma faveur. Mais au final j'ai fait presque 520 km sur les 6 jours, au lieu de la moyenne prévue de 360 km. Du coup je suis content de passer une journée de repos car j'ai vraiment les jambes lourdes et fatiguées et c'est sans vous parler de mon fessier ;o)

L'autre petite aventure de cette semaine c'est le changement de fuseau horaire, une heure plus tôt (UTC -4). Un matin je pars vers 7h, le soleil venait de se lever mais en m'arrêtant vers 11h pour manger quelque chose (le prochain village n'est pas avant 40 km et il n'y a rien entre deux) je réalise qu'il n'est que 10h, il faut donc aussi faire attention au soleil qui se couche une heure plus tôt.
A présent c'est tout bon, j'ai pris le rythme et les matins je me réveille souvent avant le réveil, en général vers 05h45 mais en me couchant a 18h (dès que le soleil se couche), j'ai assez de repos, même si je me réveille souvent au milieu de la nuit et en profite pour vérifier que le vélo est toujours là...

Je devrais arriver à Bonito d'ici 3 ou 4 jours, la suite des aventures d'ici quelques jours...

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