16
mai
2010

En route vers les Andes

Après avoir passé quelques jours à Santa Cruz où j’ai notamment pu faire le trajet retour en train a Corumbá (Brésil) pour récupérer le fameux paquet que j’attendais depuis presque 4 semaines, je suis parti pour Samaipata, qui signifie “repos d’altitude“ en Quechua. Il s’agit d’un petit village dans la montagne à 1’800 mètres d’altitude sur la route en direction de Sucre.

Depuis Samaipata j’ai visité “El Fuerte” où se trouvent les ruines d’une forteresse Inca qui servait probablement de poste d’observation pour les éventuelles invasions comme celles des indiens Guarani. J’ai également visité le petit parc “Las Cuevas” avec trois chutes d’eau, nettement moins impressionnantes que celles de Foz Do Iguaçu ou encore de Bonito au Brésil mais le cadre dans la montagne est vraiment beau.

Arrivé à Sucre je découvre une magnifique ville calme et propre, ce qui change de Santa Cruz dont les bords des routes sont remplies de déchets en tout genre. La ville qui fait partie du patrimoine mondiale de l’UNESCO porte bien son nom de “Cité blanche” car tous les bâtiments sont de couleur blanche. Il y a d’ailleurs une loi qui oblige tous les bâtiments du centre à être peint en blanc. Ces derniers sont d’ailleurs vraiment magnifiques avec leur architecture coloniale et leur éblouissante blancheur.
J’ai passé quelques jours à me promener d’un bout à l’autre de la ville, à me balader dans les marchés pour trouver petit déjeuner, repas, etc.
Parmi les nombreux musées que compte la ville, j’ai visité le musée “Arte Indígena” qui regroupe plusieurs toiles tissées des différentes régions et différents styles du pays.

Les agences touristiques sont également bien présentes et on en trouve à tous les coins de rue avec des prix plus ou moins chers. Après m’être renseigné sur les activités dans la région, je découvre qu’il y a une quantité de trekkings à faire dans la montagne, la cordillère de los frailes. Je souhaitais faire un trek de 3 jours mais malheureusement mon sac à dos étant trop petit pour transporter tout le matériel nécessaire, j’opte pour un trek de 2 jours ce qui me permettra également de me rendre au fameux marché du dimanche de Tarabuco.

Le trek commence à 3’600 mètres par un ancien chemin Inca (Inca Trail) puis continue à travers la montagne, entre les rivières, sous un merveilleux soleil. Nous devions passer la nuit dans une maison d’un village mais ce sera finalement dans un petit complexe de maisonnettes typiques créé par une association qui redistribue les revenus aux villageois. Nous reprenons la route le lendemain matin pour nous rendre dans un site où l’on peut observer des empreintes de Dinosaures.

Les habitants des montagnes parlent principalement Quechua, une langue indienne qui est la seconde langue du pays. Certains habitants comprennent ou parlent l’espagnole mais ce n’est pas le cas de tous, j’ai donc appris à l’aide du guide, quelques mots en Quechua qui me seront peut-être utiles tel que;
Bonjour: Imaynalla
J’aimerais manger: mikhuyata
J’aimerais boire: yakuata
J’aimerais manger et boire: mikhutajwan yakutajwan munay

Durant l’après-midi du second jour, le vent c’est levé et nous a apporté la pluie, heureusement pas très longtemps car faute de place, je n’avais pas pris de vêtements pour la pluie. Après environ 16 heures de marche durant les 2 jours nous arrivons au dernier village où nous attend le véhicule pour nous ramener à Sucre.

Vu que le trek n’a duré que 2 jours, j’ai le temps d’aller visiter dimanche matin le fameux marché hebdomadaire de Tarabuco qui se trouve à 65 km de Sucre.
Depuis Sucre je prends un petit bus qui coûte 8 Bolivianos (env. 1.20 CHF), rendez-vous à 7h au terminal afin de pouvoir partir avant la fermeture de la route, pour une partie de la matinée, pour cause de course. J’arrive donc à Tarabuco vers 8h30, les petites boutiques et stands commencent à peine à ouvrir et les rues de la ville sont encore calmes.
Je croise de nombreux Boliviens portant les vêtements traditionnel de la région mais malheureusement impossible de prendre des photos (même les Boliviens de Sucre par exemple ne peuvent pas prendre de photos). En fin de matinée les touristes affluent par bus et le marché qui est présent dans toutes les rues du centre commence à se remplir plus de touristes que de locaux. Je reprends ensuite un bus en début d’après-midi pour retourner à Sucre.

Après avoir passé quelques jours dans cette magnifique ville de Sucre, il est temps de repartir en direction de Potosi…

04
mai
2010

De Corumbá à Santa Cruz

J'ai repris la route depuis Corumbá et passé la frontière à vélo. Première surprise après quelques kilomètres, je longe une file de voitures arrêtées au bord de la route, je remonte, je pense, presque une centaine de véhicules et je m'aperçois qu'ils sont tous dans l'attente de faire le plein dans la toute petite station service du coin. Je vois même un panneau qui indique que 3 jours par semaine la station n'est accessible que pour les taxis. Il faut dire que la prochaine station essence en Bolivie est à plusieurs centaines de kilomètres.

Nouveau pays et nouveau mode de fonctionnement. Pour mon premier repas je m'arrête dans un petit village et demande où je peux trouver à manger, on me dirige alors devant une maison où la femme me dit qu'elle fait à manger pour 10 Bolivianos (env. 1.50 CHF). En réalité elle fait à manger pour toute sa famille et je bénéficie du même repas qu'eux. Il s'agit souvent de 2-3 tranches de tomates avec des oignions, du riz et un morceau de viande ou de poulet, le tout en compagnie des chiens, chats, poules, cochons et parfois la famille mange à la même table que moi. Ce fût ainsi dans tous les petits villages sur ma route...

Si le train passe au milieu de chaque village, il en est bien différent pour ce qui est de la route, qui passe souvent à quelques kilomètres des villages, il n'est donc pas rare de devoir faire de petits détours pour trouver à boire ou à manger mais attention à ne pas se tromper, car si par mal chance on prend la "vieille" route au lieu de la "nouvelle", qui évidemment n'est pas indiquée, on se retrouve parfois sur un vrai parcours du combattant avec d'énormes flaques d'eau, rivière sortie de son lit le tout sur de la piste, etc.

Agua Caliente, en passant à côté de ce village, je décide d'y entrer pour découvrir cette fameuse rivière chaude. A l'entrée du petit parc il faut payer une entrée de 5 BS (env. 3 CHF), il est possible de camper et à certains endroits à l'abri en cas de pluie. Comme le temps était un peu couvert, je pensais que le fleuve ne serait pas très chaud mais je décide quand même de me lancer. Après y avoir entré un pied, je me rends compte que l'eau est bouillante, tellement chaude que j'en avais presque mal.
Le cadre est magnifique, une rivière avec une dizaine de centimètres d'eau, un fond en sable fin et entourée de forêt. En s'éloignant un peu, cela devient plus profond et on se retrouve entièrement dans l'eau, un vrai plaisir...
Je profite du petit "restaurant" à côté du parc pour leur demander un petit déjeuner. Ce fût fruits, pain et  thé, ça me change des 2-3 biscuits et de la petite brique de jus de fruit habituels.

Roboré, petite halte nécessaire dans ce village un petit peu plus grand que les autres, à 30 km de Agua Caliente, pour trouver une vis qui c'est cassée sur le porte-sacoche avant et je profite de faire quelques autres petites réparations puis à nouveau en piste...

Chochis, le village m'a été conseillé par la famille que j'ai rencontré au Brésil, car je ne connaissais absolument pas. Le village est dominé par une petite chaîne de montagnes mais surtout par cet impressionnant monolithe. J'apprends ensuite qu'il y a le sanctuaire "Mariano la Torre" au pied de la montagne, je décide donc de m'y rendre sans savoir qu'il me faudrait 2.5 km de montée (puis la descente), le tout après une bonne journée à plus de 100 km, je suis épuisé...
Néanmoins le lieu est magnifique, très reposant (pour la tête pas pour les jambes) avec de belles sculptures et un panorama magnifique sur la vallée.

San José de Chiquitos, le village est le plus grand et le plus animé sur la route avant d'arriver à Santa Cruz. Je trouve l'hôtel "Villa Chiquitana" dont la famille rencontrée au Brésil m'avait parlé. L'hôtel tenu par des français, Jérôme, Sophie et leur fille Swanne (qui on notamment fait un voyage de 3 ans en scooter: Globe Reporters.com) a ouvert 10 jours avant mon passage. Comme je suis arrivé en plein festival de musique baroque, l'hôtel était ultra complet pour les jours à venir, la famille m'a très gentiment proposé de rester dans leur salon, j'ai ainsi passé deux jours en leur compagnie.
J'ai également découvert le restaurant Sabor y Arte sur la place centrale tenu par Pierre et Patricia, un couple franco boliviano, j'en ai profité pour goûter leur spécialité, les raviolis à la feuille de coca, un vrai délice...
J'ai profité du festival pour aller voir les concerts de musique qui avaient lieu dans l'église sur la place centrale.

C'est au départ de San José que débute (ou se termine suivant le sens) le circuit des missions Jésuites, qui arrive presque jusqu'à Santa Cruz, mais je n'avais pas la force de faire cette boucle de presque 800 km d'autant que je suis impatient d'arriver dans l'Altiplano.

Un mot sur la route entre San José et Santa Cruz, qui fait 270 km dont 130 km sur une piste remplie de sable (j'avais l'impression d'être sur une plage, quelle horreur pour avancer en vélo) et lorsque qu'il y avait moins de sable, c'était de la tôle ondulée avec des pierres, etc. J'ai cassé plusieurs visses, avalé des kilos de sable, ce qui m'a donné un mal de ventre durant plusieurs jours...

Je suis finalement arrivé entier à Santa Cruz où je vais rester quelques jours avant de repartir et commencer mon ascension des Andes...

23
avril
2010

Le train de la mort

En attendant le colis qui doit arriver à Corumbá, j'ai décidé de faire l'aller/retour Corumbá/Santa Cruz afin de découvrir ce fameux "train de la mort" qui a conservé son tristement célèbre surnom de l'époque où il était tellement chargé de marchandises et de voyageurs qu'une fois plein les passagers montaient sur le toit pour faire le voyage, du coup les accidents étaient fréquent.

A ce jour son surnom n'apparait nul part et on ne prend plus place sur le toit non plus. La compagnie qui l'exploite est la Ferroviario Oriental. Il existe trois catégories de trains, du meilleure marché au plus rapide et luxueux;

"Regional" il coûte entre 52 et 115 Bolivianos (env. 8 CHF et 18 CHF), il parcourt les 600 km de la frontière Brésilienne à Santa Cruz en 19h, en s'arrêtant dans presque toutes les petites gares.

"Express Oriental" 127 Bolivianos (env. 20 CHF) pour 16h de voyage. Il ne s'arrête que dans trois gares principales et il est possible d'acheter à manger dans le wagon restaurant .

"Ferrobus" il coûte entre 222 et 257 Bolivianos (env. 33 CHF et 38 CHF) pour un trajet de 14h avec repas et petit déjeuner inclus.

Chaque catégorie à un jour et un heure de départ différents, le "Regional" part tous les jours et un jour sur deux pour les deux autres catégories.

Le jour de mon voyage aller il s'agissait du "Ferrobus", effectivement le wagon était relativement luxueux avec des sièges que l'on peut incliner presque à l'horizontal, télévision, etc. Il comportait uniquement deux wagons et ils étaient presque vides, le seul inconvénient c'est que la clim est à fond donc il fait assez frais.
Une fois parti c'est tout autre chose, les premières minutes j'ai bien cru que nous n'irions pas plus loin. Le wagon est secoué de gauche à droite, fait des bons de haut en bas, il n'y a pas une minute où le train n'est pas secoué.
Je n'imaginais pas que l'on pouvait avoir des chemins de fer pareil et encore moins qu'un train pouvait y circuler.
Au final nous sommes tout de même arrivés à bon port et je me suis même surpris en réalisant que j'avais réussi à dormir quelques heures.

Après 2 jours de visite à Santa Cruz et quelques rencontres entre le train et le petit "hôtel", je reprends le train pour le trajet retour. Il s'agit cette fois de l'"Express Oriental". Pour le coup il y a une file d'attente énorme pour se rendre sur le quai, qui n'ouvre que 45 min avant l'arrivée du train. C'est le train populaire, il y a beaucoup plus de wagons et il est presque complet. Il arrive enfin à Santa Cruz avec presque deux heures de retard et une fois parti je me rends compte que le train pour l'aller était un grand luxe.
La clim est aussi à fond, les ballotements encore pire et un bruit tel qu'on se croirait dans un wagon marchandise. Quelques belles frayeurs les premières minutes (ou heures, je sais plus trop) et nous arrivons finalement 16h plus tard à PuertoQuijarro, gare terminus à la frontière avec le Brésil.

En résumé, les prix sont incroyablement bas, entre 8 CHF et 38 CHF pour un voyage entre 14h et 19hg, certes pour ne faire "que" 600 km, donc pas très rapide, mais en comparaison d'un trajet en Europe cela paraît dérisoire.

Malgré les instants d'inquiétudes et de frayeurs ce fût une expérience intéressante que de découvrir le voyage en train Bolivian et encore plus sur cette fameuse ligne des plus mytiques...

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