10
juin
2010

La Paz et ses régions

Dans mon planning initial je n’avais pas prévu de m’arrêter à La Paz, je pensais même essayer d’éviter la ville mais au fil des rencontres tout au long de mon parcours en Bolivie, j’ai découvert que la ville regorgeait d’activités et de sites très intéressants à visiter. Je suis donc resté presque deux semaines à La Paz sans une seule journée de calme.

Dès mon arrivée je me suis renseigné pour un tour le lendemain matin pour monter au sommet de la montagne Chacaltaya ("chemin froid" en Aymara - 5'395 mètres) d’où nous devions avoir une vue magnifique sur la chaîne de montagnes "Cordillera Real de los Andes" ainsi que sur le lac Titicaca et autres. Malheureusement le temps était nuageux, brumeux et tous ce que l’on pouvait voir était des nuages à perte de vue.

Valle de la luna, le même jour, après le mont Chacaltaya je suis allé voir la vallée de la lune, qui se trouve dans la périphérie de la ville. Il s’agit d’un site à l’apparence étrange, rempli de sortes de stalagmites dans lesquelles on se promène durant environ 1h. Il y avait ici il y a plusieurs milliers d’années un lac qui en s’évaporant a formé ce paysage "lunaire".

Tiwanaku, le jour suivant je suis allé visiter le site archéologique de Tiwanaku qui se trouve à environ 75km de La Paz. Il s’agit du plus important centre politique et religieux de cette culture pré-inca. J’ai visité les ruines de la pyramide d’Ahopana qui représente avec ces sept niveaux, l’évolution de l’âme. J’ai également pu admirer le monolithe de Fraile, cette fameuse statue taillée dans un seul bloc de pierre particulièrement dure, la porte du soleil et bien d’autres encore. Un site vraiment intéressant et rempli d’histoire.

La route de la mort, "la carretera de la muerte" en espagnole ou "the world’s most dangerous road" en anglais est une route d’environ 65km entre La Cumbre (4'700 mètres) et Yalosu (1'200 mètres) construite à flanc de montagne dans les années 40 par environ 2'500 prisonniers Paraguaiens après la guerre du Chaco. La route a été construite à la main, elle est particulièrement étroite et les ravins qui la bordent font plusieurs centaines de mètres.
Il y a quelques années une nouvelle route fût construite mais avant la création de cette dernière il s’agissait de la seule route pour rejoindre La Paz depuis Coroico et les accidents étaient fréquents.
Le sens de conduite sur la route est inversé, lorsque l’on descend il faut donc rouler à gauche, au bord du ravin.
J’ai fait ce parcours en VTT ultra moderne, loué auprès d’une agence à La Paz, elles sont d’ailleurs des dizaines à proposer ce tour d’une journée... Au final presque 3h de pure descente avec des passages dans les rivières et la route en terre, je finis donc trempe et couvert de boue.

Pampas tour, au départ de Rurrenabaque qui est un tout petit village mais qui est la destination la plus importante de Bolivie pour visiter la jungle ou les plaines qui la borde. Je décide donc de faire un tour de 3 jours et 2 nuits dans la pampa (plaine). La région regroupe plus de 1'000 espèces d’oiseaux (85% du totale en Bolivie et 11% de la planète) plus de 300 espèces de mammifères (44% des mammifères des tropiques des Amériques) et plus de 200 espèces de réptiles.

Après être arrivé à Rurrenabaque, au nord de La Paz dans le département du Beni, nous empruntons en 4x4 une piste durant 3h pour rejoindre le village de Santa Rosa, de là nous embarquons sur de petites pirogues de 8 places et commençons à remonter le fleuve Yucuma. Notre campement se trouve à environ 2h de Santa Rosa par le fleuve. Tout le camp est construit sur pilotis car lors de la saison des pluies la rivière monte de plusieurs mètres.

Durant ces 3 jours d’expédition nous avons eu l’occasion de rencontrer de nombreux aligators, caimens, tortues, capybaras (le plus gros rongeur vivant sur terre), singes jaune, dauphins rose, nous avons pêché des piranhas et poissons chats et sommes partis dans les maraicages à la recherche d’anacondas, etc.

Trois jours avec un temps magnifique, des températures proche de 30 degrés (ce qui change des 10-15 degrés de La Paz) mais avec bien sûr les moustiques qui vont avec...
Après ces quelques jours en pleine nature sauvage et en compagnie de nombreux animaux, il est temps de retourner à La Paz et songer à la suite de l’aventure...

Au final dans une ville que je souhaitais éviter, j’ai découvert une région magnifique, parfois aride mais qui vaut vraiment la peine d’être découverte.

Je reprends ensuite la route direction Copacabana et le lac Titicaca qui seront ma dernière escale en Bolivie avant d’entrer au Pérou...

29
mai
2010

Une autre planète...

Avec les températures relativement fraîches qu’il fait les matins, je pars de Potosi un peu plus tard que d’habitude. Après 3 jours sur une piste entre cailloux, terre, tempête de sable et des vents à plus de 100 km/h, j’ai même de la peine à tenir debout, j’arrive enfin à Uyuni, plus bas que Potosi mais beaucoup plus froid aussi. C’est d’ailleurs en arrivant à l’hôtel que j’ai rencontré Jean-Marc (Suisse) et Torben (Hollandais), deux motards qui voyagent depuis plusieurs mois sur le continent Américain.

Le jour de mon arrivée je me renseigne sur les tours organisés entre le salar d’Uyuni et la région du Sud Lipez. Après une journée de repos où je profite de visiter la ville ainsi que le cimetière de trains à quelques kilomètres en dehors du centre où des centaines de carcasses de wagons, locomotives et autres pièces métalliques jonchent le sol sur des centaines de mètres.

J’embarque le lendemain matin avec cinq autres touristes, un guide et un chauffeur pour un tour de 3 jours qui débutera sur le salar. L’entrée du désert de sel est à 25 km d’Uyuni depuis le petit village de Colchani où l’on a droit à une démonstration sur le traitement du sel et où prend place un petit marché 100% touristique afin d’acheter toute sortes de souvenirs en sel.

Première halte dans l’hôtel de sel "Playa Blanca" pour manger et admirer les quelques sculptures en sel. Nous reprenons ensuite la route pour l’île "Incahuasi", cette fameuse île peuplée de cactus âgés pour certains de centaines d’années et pouvant mesurer jusqu’à 10 mètres de haut. Nous avons une vue imprenable sur le salar mais malheureusement il est déjà temps de repartir pour passer la nuit dans un autre hôtel de sel, un peu en dehors du désert.

Au petit matin du deuxième jour nous partons en direction du désert de Chiguana d’où nous avons une magnifique vue sur le volcan actif Ollague (5'865 m). Nous passerons ensuite à côté de la première lagune, la laguna Cañapa. Après quelques photos sous un vent glacial, nous partons vers la laguna Hedionda où nous resterons pour manger. Direction ensuite la laguna Chiar Khota, Honda et Ramadita toutes plus belles les unes que les autres. Elles sont habituellement peuplées de flamants rose mais la saison oblige, ces derniers ont migrés vers des contrées plus tempérées.

Nous entrons ensuite dans le désert Siloli qui est dominé par le volcan Silala (5'355 m). C’est au milieu de ce désert que ce trouve le fameux "Arbre de pierre", cette énorme roche où la base est plus fine que son sommet et qui ressemble à un arbre en pierre.
Dernière étape de la journée, la grande laguna Colorada (4’278m) dont l’eau est habituellement de couleur rouge. Nous passerons la nuit dans un refuge au bord de cette lagune où la température durant la nuit descendra jusqu’à -36ªC…

Dernière journée qui s’annonce bien chargée, nous partons à 6h (avec 30 min de retard sur le planning initial) il fait encore nuit noir et la température est encore fraîche. Après quelques kilomètres nous passons un point à 5’001 mètres puis redescendons quelques mètres pour arriver au centre du cratère du volcan "Sol de Mañana" (4'800 m). Dans un décors de fin du monde, nous découvrons des geysers de vapeur de plusieurs mètres de hauteur, des trous remplis de boue en ébullition (désolé je n’ai pas le terme technique), le tout couvert de vapeur avec une odeur de souffre bien présente.

Après ce spectacle matinal, nous traversons le désert "Salvador Dali" et descendons plus au sud, presque jusqu’au point des trois frontières entre le Chili, l’Argentine et la Bolivie. Nous admirons les deux dernières lagunes, la laguna Blanca et la fameuse laguna Verde dominée par l’impressionnant volcan Licancabur. L’eau de cette lagune devient verte avec les mouvements que crée le vent mais malheureusement il n’y avait pas beaucoup de vent ce matin là et l’eau ne paraissait pas si verte mais néanmoins le paysage était magnifique et inoubliable…

C’est les souvenirs plein la tête et des images de paysages aussi féeriques qu’inoubliables que nous reprenons la route de retour pour Uyuni.

20
mai
2010

Potosi y el Cerro Rico

Arrivé à Potosi, l’une des plus hautes villes du monde à plus de 4’000 mètres, le climat est bien différent. Le jour de mon arrivée il y avait un fort vent, le ciel était couvert et le centre ville était noir de fumée et de gaz d’échappements, un vrai contraste avec Sucre. Une fois au centre je recherche une auberge et je suis surpris de constater que les prix sont plus élevés qu’ à Sucre.

L’attraction principale de la ville est la visite des mines d’argent encore exploitées de nos jours en collectivités. Après avoir passé dans plusieurs agences, je réserve le tour pour le lendemain matin à 9 heures.

Rendez-vous donc à 9h devant l’agence, puis direction le marché des mineurs où après quelques explications du guide sur les coutumes locales nous nous rendons dans une petite échoppe où chaque touriste doit acheter une bouteille de 2l de boisson ainsi que des feuilles de coca pour un montant de 10 Bolivianos (env. 1.50 CHF) pour offrir aux mineurs et il est également possible d’acheter de la dynamite (max. 2 bâtons de dynamite par groupe) pour leur offrir. Je pense d’abord à une vraie arnaque pour touristes surtout au vu du nombre qui passe chaque jour mais une fois à l’intérieur on est content de pouvoir leur offrir un minimum.

L’entrée que nous empruntons se trouve à 4’300 mètres. D’après le guide il y aurait plus de 10’000 mineurs qui travaillent et ceci dès l’âge de 14 ans. Leur salaire dépend du nombre de tonnes de pierres qu’ils sortent, environ 300 Bolivianos (env. 45 CHF) par tonne.

On avance à l’intérieur de la mine à l’aide de lampes frontales et plus on s’enfonce dans la montagne plus la chaleur devient intense, le tout rempli de poussière où il est parfois difficile de respirer normalement. On s’arrête quelques minutes auprès des mineurs qui travaillent et je m’essaye au coup de pelle mais après à peine 3 minutes je suis déjà transpirant et épuisé  tellement il fait chaud et nous n’étions pas dans les endroits les plus chauds où les mineurs travaillent uniquement avec un short tellement la chaleur est intense. Je pense alors à tous ces jeunes qui travaillent des dizaines d’heures depuis des années pour un salaire d’environ 300 à 400 Bolivianos par mois (entre 45 et 60 CHF) à ce moment on est content et avons presque honte de ne pouvoir leur offrir qu’une petite bouteille d’eau et quelques feuilles de coca.

A la sortie de la mine nous avons le droit à une démonstration d’une explosion de dynamite. Il est d’ailleurs peu rassurant lorsque l’on avance dans les couloirs parfois étroits de la mine, d’ entendre les détonations de dynamite qu’ils font exploser quelques niveaux plus loin.

De retour à Potosi je visite le musée “Casa de la Moneda” (maison de la monnaie) qui se trouve dans le bâtiment où était fabriquées autre fois les pièces de monnaie boliviennes.
Je me promène encore un jour afin de découvrir la ville de plus près et il est déjà temps de reprendre la route pour Uyuni et le désert de sel que j’espère atteindre d’ici 3 ou 4 jours…

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