28
juin
2010

Cusco et le Machu Picchu

Après avoir passé une journée à Puno, j’ai repris la route en direction de Cusco. La route était plus au moins bonne mais le pire fût les journées avec des forts vents de face qui rendaient mon avancée plus lente et difficile. Peu de kilomètres ont donc été parcourus durant ces pénibles journées. Les nuits ont été également plus fraîches. Le matin l’eau des mes gourdes étaient gelée, la tente couverte de givre, j’attendais donc patiemment que le soleil se lève et réchauffe l’atmosphère et mon corps par la même occasion.

Après une longue dernière journée avec plus de 110 km parcourus, j’arrive au centre de Cusco. Je suis arrivé la semaine de l’anniversaire de la ville et quelques jours plus tard avait lieu la fête du soleil et du solstice d’hiver.
Le soir de mon arrivée une grande fête avait lieu sur la place centrale mais j’étais tellement fatigué que je me suis couché, mort de fatigue.

Les jours suivants j’ai visité la vallée sacrée avec divers sites archéologiques Inca, comme notamment l’impressionnant temple du soleil de Ollantaytambo. Coïncidence du calendrier, j’ai visité ce site le 21 juin, jour du solstice d’hiver et date à laquelle les Incas célébraient la fête du soleil, jour très important de leur civilisation. J’ai également fait un tour de la ville d’une demi-journée afin de visiter d’autres musées et sites archéologiques Inca.

Le principe de la ville de Cusco est d’acheter un "billet touristique" qui coûte 130 Soles (env. CHF 50.-) et qui permet l’accès à une dizaine de sites et musées de la région.

En passant par Cusco, il ne m’était pas possible de manquer le Machu Picchu mais je n’avais néanmoins pas envie de m’y rendre en bus et train, je me suis donc renseigné sur les treks possibles et hormis le fameux "Inca trail" qu’il faut réserver plus de 3 mois à l’avance, un autre trek tout aussi intéressant était possible, il s’agit du trek "Salkantay", 5 jours de trek (4 jours de marche) pour parcourir plus de 120 km avec un passage à 4'600 mètres et un changement de nature que l’on peut observer de jour en jour avec des paysages magnifiques et bien entendu une arrivée au Machu Picchu. C’est pour toutes ces raisons qu’il a été classé par le National Geographic parmi les 20 meilleurs treks du monde…

Jour 1,  départ en bus de Cusco à 4h du matin pour rejoindre le point de départ, le petit village de Mollepata (3'000 mètres). Le voyage ne fût pas des plus agréable, je n’étais pas très en forme au réveil, le trajet n’a en rien aidé et j’ai donc donné du travail de nettoyage au chauffeur du bus…
Je n’ai rien mangé pour le petit déjeuner avant le départ et nous sommes ensuite partis avec le groupe de 13 personnes, 2 guides, les cuisiniers, etc.

Après une première journée de marche où je n’ai rien mangé le matin et deux grains de riz à midi et qui, vu mon état n’était pas la meilleure des journées, nous arrivons au camp pour la première nuit à 3'700 mètres. La nuit dans les tentes fût relativement fraîche et comme nous étions entre les montagnes, le soleil n’a fait son apparition que quelques heures plus tard.

Jour 2, je vais beaucoup mieux et heureusement car aujourd’hui est la journée la plus difficile. Plusieurs heures de montée, sans soleil pour une grande partie et avec un froid glacial pour rejoindre le point le plus haut à 4'600 mètres au côté du mont Salkantay (6'270 mètres). L’après-midi est suivie d’une descente qui nous fera découvrir minute après minute de nouveaux paysages, les arbres et la verdure faisant à nouveau leur apparition. Nous passerons ensuite la nuit dans un petit village à 3'700 mètres mais la nuit fût moins fraîche que la précédente.

Jour  3, Nous débutons notre troisième jour avec un temps magnifique et partons en direction d’un village un peu plus grand que celui de la veille. Nous y arriverons en fin de matinée et passerons le reste de la journée sur place à profiter d’une première douche glacée et même regarder quelques matches de la coupe du monde, pas tant isolé ce village de montagne.

Jour 4, dès ce quatrième jour il était possible de prendre un bus ou de poursuivre à pied, trois d’entre nous on prit un petit bus et nous les avons rejoint en fin de matinée pour manger.
Tout au long de la route des 4 jours, nous sommes passés à côté de petites cabanes où l’on peut acheter boissons et chocolats à des prix de fou (plus chère qu’en Europe).
La marche de ce 4ème jour nous fera passer dans une impressionnante vallée d’une incroyable beauté et nous offrira une première vue lointaine du Machu Picchu. Nous avons ensuite rejoint le reste du groupe pour le repas et après avoir laissé d’autres personnes sur place, qui eux prendront le train, nous repartons pour les dernières heures de marche afin d’arriver au village de Aguas Caliente, devenu très touristique car il s’agit du point de départ pour la visite du Machu Picchu. Nous avons passé cette dernière nuit dans un vrai lit d’un hôtel du village mais elle fût malheureusement très courte…

Jour 5, Réveil à 3h30 afin de commencer dès 4h15 les 1h30 de marche nécessaire pour arriver à l’entrée du site et être parmi les 400 premiers à bénéficier d’un ticket pour monter (encore) au sommet du Wayna Picchu (jeune montagne en Quechua), cette faneuse montagne que l’on voit en fond sur les photos du Machu Picchu (veille montagne en Quechua).
Certains d’entres nous ont attendu le bus alors que nous démarrons la montée interminable des centaines de marches à un rythme infernal. Après 30 minutes de "marche" (au lieu des 1h30 nécessaire) nous arrivons à l’entrée du site complètement trempes et définitivement épuisés… Nous n’avons plus qu’à attendre 6h du matin que le reste du groupe nous rejoigne en bus et que les portes s'ouvrent.

Une fois à l’intérieur du site incroyable,  je découvre à quel point le site est bien conservé et impressionnant. Bien que les archéologues pensent qu’il ne fût jamais terminé, il nous offre une idée de l’incroyable talent des Incas…

Une fois au sommet du Wayna Picchu, le panorama du site est grandiose et on constate à quel point le site se trouve sur la falaise de la montagne et entouré d’une chaîne de montagnes. On comprend alors mieux pourquoi les conquistadors Espagnoles ne sont jamais parvenus jusqu’ici et pourquoi le site n’a pas été détruit comme les autres sites Inca. La cité n’a été découverte qu’en 1911…

Après de longues heures de visite à parcourir le site, je retourne à Aguas Caliente au point de rendez-vous avec notre guide pour qu’il nous transmette les billets de train pour le retour à Cusco.

Notre train devait partir à 21h45. Lors de notre arrivée à la gare cette dernière était remplie de touristes et l’on apprend alors qu’un train a déraillé ce matin et que personne n’est parti depuis. Finalement nous prenons tous un train vers 1h00 et après le train, 2 changements de bus et des heures de trajet, nous arrivons à 7h00 à Cusco (au lieu de minuit initialement prévu). J’arrive quelques minutes plus tard à mon hôtel où je peux enfin me coucher après une longue journée.

Je suis resté finalement un jour de plus à Cusco afin de récupérer de ces 5 jours de marche et préparer mes affaires pour continuer l’aventure qui me mènera d’ici quelques jours à Nasca…

16
juin
2010

Le lac Titicaca et ses îles

Après mon passage à La Paz, je suis parti pour rejoindre Copacabana qui est la dernière ville que je visiterai en Bolivie car elle se trouve à 8 km de la frontière avec le Pérou.
Malgré les prix très touristiques de la ville, je trouve par hasard un hôtel plutôt bien avec douche privée et TV pour le même prix que la chambre dortoir avec  4 lits, douche et WC commun pour tout l’hôtel dont j’avais l’habitude jusqu’à ce jour.

La Bolivie ne fait pas exception, en arrivant à Copacabana vendredi, je n’ai pas échappé à la ferveur du mondial de foot. Tous les bars et restaurants sont équipés de TV avec des affiches dans tout les coins avec les horaires, matches, etc…

Isla del Sol
, comme d’habitude, le jour de mon arrivée je me renseigne sur les tours sur l’île et prends un ticket pour aller visiter l’île le lendemain matin.
D’après les légendes, ce serait sur cette même île que serait né la civilisation Inca avant de déplacer son plus grand centre plus au Nord, où se trouvent les ruines du Machu Picchu.

Nous partons donc le matin à 8h30 pour arriver 2 heures plus tard sur l’île. Nous rejoignons la partie Nord en bateau et de là il est possible de visiter cette partie puis de rejoindre la partie Sud en bateau ou de faire les 10 km qui séparent le Nord du Sud à pied. Je choisis la seconde option qui m’offrira un panorama exceptionnel sur le lac, ses îles et la “Cordillera Real de Los Andes”.

Les ruines restantes sur l’île ne sont pas incroyables et lors du parcours Nord/Sud il faut encore payer quelques Bolivianos au passage de chaque communauté qui se trouve sur l’île (une au Nord, une au centre et une troisième au Sud), un véritable "attrape touriste"…

Après environ 2h de marche j’arrive dans la partie Sud où je mange quelque-chose en compagnie des autres touristes. L’équipage du petit bateau a même une petite radio portable pour suivre les matches de foot.

Nous reprenons ensuite le bateau en direction des petites îles flottantes. Il faut payer 5 Bolivianos (env. 75cts) pour y monter. Comme personne ne veut y monter nous allons directement à Copacabana sans passer par ces îles. Je paie donc les 5 BS afin d’y passer et prendre quelques photos.

De retour au port de Copacabana, je monte l’une des petites montagnes qui entoure la ville pour prendre quelques photos du sanctuaire et profiter du magnifique couché de soleil sur le lac car le lendemain matin il sera déjà temps de partir pour le Pérou et dire au revoir à la Bolivie.

Au petit matin, après 8 km, j’arrive à la frontière Bolivienne pour faire le tampon de sortie du pays et je connais là une nouvelle aventure avec les douaniers.
Lors de mon entrée dans le pays le douanier m’a fait un tampon de sortie au lieu d’un tampon d’entrée, qu’il a ensuite évidemment annulé. Mais lors de ma réelle sortie le douanier à vu là une bonne occasion d’obtenir quelque-chose de ma part. Après quelques minutes où il m’explique que ce n’est pas “bon” et que c’est problématique, il me dit que l’on peut s’arranger, il ferme mon Passeport le met de côté et me dit d’aller lui acheter une boisson… Je commence à hausser le ton et après plusieurs longues minutes de discussion j’obtiens “gratuitement” (incroyable non ?) le tampon de sortie du pays…

Le passage à la douane Péruvienne pour l’entrée dans le pays se passe beaucoup mieux et plus rapidement. Je rencontre d’ailleurs à cette même douane Michel, un anglais avec qui j’ai traversé l’île du soleil la veille. Il arrivait avec le bus qui partait en direction de Puno.

Après une première journée bien remplie, j'ai rencontré en fin d’après-midi une famille de français avec leur deux enfants (6 et 9 ans) en voyage à vélo depuis presque 11 mois (Famille Ravanas;  leur site). Nous décidons de bivouaquer ensemble pour la nuit et repartirons également ensemble pour faire les 50 km qui nous séparent de Puno…
Le lendemain matin, je pars en bateau pour un tour des îles du lac Titicaca mais côté Péruvien.

Islas de los Uros
, a quelques minutes de bateau de Puno, les îles d’Uros sont un ensemble de 64 îles flottantes sur des racines et une sorte de roseaux sur lesquelles vivent entre 6 et 7 familles.
Il y à trois écoles pour les différentes communautés. Les habitants se déplacent sur de petits bateaux construits de paille et faits entièrement à la main. Chaque île a un mirador afin de communiquer avec ses voisins. Les habitants vivent principalement de la pêche et du tourisme.
Le chef de l’une des îles m’explique que si une famille veut quitter une île pour en rejoindre une autre, elle doit détacher sa partie de l’île et flotter jusqu’à la prochaine…

Nous resterons que très peu de temps sur 2 de ces îles mais j’en garderai un très bon souvenir. J’ai vraiment été conquis par leur construction, leur charme ainsi que par les habitants tout aussi exceptionnels. Ces petites îles ont vraiment quelques choses d’extraordinaire.

Taquile
, après la visite des îles flottantes nous naviguons sur le lac durant 3h pour rejoindre l’île de Taquile qui est l’une des grandes îles du lac côté Péruvien.
Je me promène sur l’île où je croise plusieurs personnes qui portent toutes les habits traditionnels et depuis laquelle nous avons à nouveau une magnifique vue sur le lac et les montagnes aux sommets blanc de Bolivie… Après 2h de promenade, nous reprenons le bateau pour revenir à Puno.

De retour en ville je fais mes "au revoir" à la famille française car ils partent en direction d’Arequipa (à l’Ouest) et dès demain je reprends la route en direction du Nord pour rejoindre d’ici quelques jours la ville de Cusco…

11
juin
2010

Huayna Potosi, 6'088 mètres

J’ai entendu parler de cette montagne uniquement quelques jours après mon arrivée à Potosi. Avant ce jour je n’imaginais pas que l’on puisse gravir des montagnes de plus de 6’000 mètres sans aucune expérience d’alpinisme.
Le Huayna Potosi est l’un des sommets de plus de 6’000 mètres de la “Cordillera Real de Los Andes”.  Couverte en partie de neige éternelle, son sommet culmine à 6’088 mètres.

Aussitôt arrivé à La Paz je me suis renseigné sur cette expédition et après avoir discuté avec deux agences qui me semblait sérieuses, j’en choisis une qui est un peu plus chère mais le feeling passe bien avec le guide qui est responsable de l’agence, je “signe” donc pour un départ dans deux jours.

Le trek dure 3 jours, il faut donc emporter pas mal de matériel comme harnais, crampons, bottes d’alpinisme, lampe frontale, pantalon, veste et gants de montagne, sac de couchage, de bon habits chauds, etc. Le tout dans un sac à dos d’environ 60l. Voyageant à vélo, mon petit sac de 11l ne fait pas vraiment l’affaire mais heureusement l’agence m’en prête un plus adapté pour l’aventure…

Jour 1, Nous sommes un groupe de 3 avec 2 guides et un cuisinier. Nous partons depuis La Paz pour nous rendre au camp de base à 4’800 mètres que nous arrivons à rejoindre en voiture. Depuis le camp nous partons pour une petite marche d’environ 1h pour rejoindre le “vieux glacier” afin de faire un petit entraînement et tester le matériel. Nous retournons ensuite au camp de base pour y passer la nuit.

Jour 2, Après un petit déjeuner nous partons avec tout le matériel pour rejoindre le camp d’altitude à 5’130 mètres. Après quelques heures de marche à grimper dans la montagne entre cailloux et gros rochers, nous arrivons au refuge où nous croisons les groupes qui redescendent du sommet. A partir de ce point la montagne est couverte uniquement de glace et de neige.
Il est 18h et déjà l’heure d’aller se coucher car demain matin nous partirons à 2h du matin afin d’arriver au sommet pour le lever du soleil.

Jour 3, La nuit a été courte, il est 1h du matin et déjà l’heure de se réveiller. Un petit déjeuner rapide pour prendre des forces, on enfile des habits chauds car la température est plutôt fraiche. Plus tard dans la nuit, l’eau des bouteilles qui resteront hors des sacs à dos gèlera, la température est donc négative.
A 2h30 nous débutons l’ascension de la montagne avec crampons, pic à glace et lampe frontale. Nous sommes une cordée de 3 personnes, dont je fais partie et la seconde de 2 personnes. L’ascension est plutôt lente, après quelques temps je me rends compte que nous faisons des pas de la largeur d’un pied, le souffle commence à manquer et dès que l’on s’arrête quelques minutes le froid commence à nous glacer le corps et un petit mal de tête commence à me prendre lors des pauses. Les feuilles et maté de coca n’aurons pas vraiment aidé…
Durant la montée nous croiserons plusieurs personnes qui redescendent avant le levé du soleil mais surtout sans avoir atteint le sommet. Après plusieurs heures de marche il est déjà presque 7h, le soleil commence à apparaitre et il faut “attaquer” la dernière partie, presque à la verticale où le pic à glace devient nécessaire. Une fois en haut de la pente nous sommes sur une petite corniche et lorsque je regarde de l’autre côté, il y a un énorme vide avec une vue sur toute la plaine et le lac Titicaca en fond (à ce moment là il vaut mieux ne pas avoir le vertige). Encore quelques mètres pour rejoindre le sommet à 6’088 mètres.
Le temps est magnifique, aucun nuage, le soleil s’est levé et inonde de lumière la jungle et les plaines tropicales que nous surplombons. Nous avons une vue exceptionnelle sur la “Cordillera Real de Los Andes” et au Nord sur le Pérou et le lac Titicaca.

A bout de souffle et complètement épuisé, il faut maintenant redescendre au camp d’altitude assez rapidement avant que la neige soit plus tendre avec le soleil et rende la descente plus dangereuse…
A la différence du matin, il fait maintenant une chaleur horrible et la descente n’est pas la partie la plus facile et reposante.

Après quelques heures de descente nous arrivons au camp d’altitude, je m’allonge quelques minutes car je suis vraiment extenué et commence à avoir un joli mal de tête. Une heure plus tard il faut remplir les gros sacs à dos et repartir pour une heure de descente pour arriver au camp de base où nous attend le véhicule pour nous ramener à La Paz.
Durant la descente je me rends compte que mes doigts ont doublé voir triplé de volume, ceci à cause de l’oxygène qui se fait moins rare et qui permet à nouveau au sang de circuler normalement.
Une fois arrivé à La Paz, je suis à nouveau en pleine forme, plus aucun mal de tête, comme si je venais de passer une matinée ordinaire…

Au final ce fût une expérience épuisante mais merveilleuse et unique. Les souvenirs de cette ascension de nuit, cette vue imprenable sur toute la région, dans un calme absolu resteront à jamais l’un des souvenirs inoubliables de cette aventure…

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